Pollution et dévéloppement du transport maritime

 

 

Pollution et développement du transport maritime


    a/La pollution .

Les déchets toxiques liés à l'activité humaine et déversés dans l'océan (naufrage d'un pétrolier, dégazage des bateaux etc…) détruisent l'environnement et la nourriture des cétacés. La pollution diminue leur résistance aux maladies.

Certains de ces produits toxiques contaminent la chaîne alimentaire. Au plus bas de cette échelle, ils se fixent dans les organismes vivants ; les premiers les transmettant aux seconds et ainsi de suite… Du plancton aux prédateurs situés en bout de chaîne alimentaire, la concentration ne cesse d'augmenter au point d'affecter la santé des espèces les plus élaborées. Les cétacés, arrivant en tête de cette chaîne, ingèrent des proies dans lesquelles la contamination est très concentrée. Les cétacés exclusivement consommateurs de poissons sont plus menacés que les cétacés consommateurs de crustacés, en effet dans l'organisme de ces derniers les polluants sont plus faiblement concentrés.

De nombreux cétacés sont menacés par l'industrialisation mondiale, particulièrement ceux évoluant à proximité des côtes japonaises, californiennes, du golfe du Mexique, du golfe du Saint-Laurent, de la mer Baltique , de la mer du Nord, de la mer Noire et de la Méditerranée occidentale (mers semi-fermées avec une forte activité agricole et/ou une industrie lourde sur le littoral).

Des corps étrangers tels que des sacs plastiques, par exemple, ont également été retrouvés dans l'estomac de certains cétacés… Ces déchets peuvent provoquer la mort de l'animal qui les ingère.

Les petits des mammifères marins sont les premiers concernés par le fléau de la pollution par produits toxiques  puisque les substances chimiques sont transmises aux nouveaux-nés par l'intermédiaire du lait maternel et ces derniers ont une faible capacité de détoxication. Mais ils peuvent être également contaminés avant leur naissance : en effet, un certain nombre de ces produits passent la barrière placentaire.

               b/ Eco-tourisme .

Depuis une vingtaine d'années, de plus en plus de touristes partent à la rencontre des cétacés libres. Cette activité, connue sous le nom de whale-watching, représente une excellente alternative aux parcs et zoos marins exhibant des cétacés captifs.

Mais mal encadrée et mal conduite, cette activité touristique peut constituer une importante source de perturbation et de stress pour les cétacés, qu'ils soient dauphins ou baleines : dérangement pendant les phases de repos, lors des activités de chasse, de reproduction ou d'interactions sociales…

Afin de préserver l'importance économique du whale-watching, tout en respectant le bien-être des cétacés, certains pays et certains organisateurs de séjours ont mis en place des codes de conduite. Mais ce n'est pas le cas de tous. Il est donc important de bien se renseigner avant de s'engager sur un séjour de whale-watching, afin que la rencontre se passe dans les meilleures conditions pour le touriste comme pour les cétacés.

                     c/ Les collisions entres les navires et les cétacés .

Les collisions entre les navires et les cétacés sont assez fréquentes bien que les premiers soient plutôt bruyants et que les seconds aient une bonne ouïe. Les cétacés sont pourtant capables de réagir rapidement au danger, mais dans certaines situations ils sont moins alertes, par exemple quand ils dorment ou se reposent à la surface, mangent, allaitent leur petit ou se reproduisent. S’ils sont surpris par un navire, ils n’ont pas toujours le temps de réagir ou de se déplacer, particulièrement les espèces les plus lentes. Les collisions sont une cause reconnue de mortalité des cétacés dans le monde, mais on dispose de peu d’informations à ce sujet. Il est donc difficile d’évaluer l’importance et les répercussions des collisions sur les populations de cétacés. Clairement, pour certaines populations très réduites comme la baleine noire de l’Atlantique Nord, la menace est réelle. Il n’est cependant pas évident d’élaborer des mesures d’atténuation appropriées.

Des blessures qui parlent : Une collision entre un navire et un cétacé peut, selon l’angle et la force de l’impact, blesser ou tuer l’animal. Les hélices des navires peuvent entailler et couper la chair et la graisse de l’animal et sectionner des parties de sa queue. D’autres types de blessures requièrent un examen plus attentif pour déceler une collision avec un navire. L’impact peut entraîner des fractures et des ecchymoses qui ne sont pas toujours apparentes. Étant donné la force nécessaire pour briser les gros os des cétacés, il est peu probable que les fractures du crâne, de la mâchoire et des vertèbres soient causées par autre chose qu’une collision avec un navire. Les côtes et les os des nageoires pectorales, plus fragiles que les gros os, peuvent être brisés par le roulement des animaux échoués sur la rive et ne sont pas nécessairement attribuables à l’impact d’un bateau. Certains cétacés, généralement les espèces les plus élancées telles que les rorquals, se font parfois prendre par l’étrave d’un navire. Ils se font alors transporter sur une certaine distance jusqu’à ce que l’équipage se rende compte de la situation ou que le navire ralentisse, généralement à l’arrivée au port. Par exemple, un rorqual commun frappé par un navire de croisière au large de Cape Cod aux Massachusetts en 1995 s’est fait transporter sur l’étrave du navire sur plus de 1000 km jusqu’aux Bermudes.

Un portrait incomplet mais préoccupant : Ces incidents sont peu documentés, car les équipages n’ont pas toujours conscience de la collision ou ne la rapportent pas aux autorités compétentes. De plus, les carcasses peuvent couler et ne jamais refaire surface, surtout si l’impact a sectionné l’animal. On encourage les navigateurs à rapporter de telles collisions. Cela permet de rechercher un cétacé blessé et de lui porter secours ou de localiser une carcasse à la dérive qui représente un danger à la navigation. À plus long terme, cela permettra également de déterminer les endroits où ces collisions sont plus fréquentes et de prendre les mesures qui s’imposent.

Selon une étude effectuée sur les collisions entre des navires motorisés et les grands cétacés (cétacés à fanons et cachalots) dans diverses régions du monde, les collisions fatales pour les cétacés remontent à la fin des années 1800, époque où les navires ont commencé à atteindre des vitesses de 13 à 15 nœuds (24 à 28 km/h). Les collisions étaient alors peu fréquentes, mais se sont multipliées entre 1950 et 1970 avec l’augmentation du nombre de bateaux et de leur vitesse. Les auteurs de l’étude ont répertorié des collisions avec 11 espèces de baleines. Bien que les impacts avec le rorqual commun soient les plus fréquents, ceux avec la baleine noire australe, la baleine noire de l’Atlantique Nord, la baleine grise, le rorqual à bosse et le cachalot sont assez fréquents dans certaines régions. Il semble que la plupart des blessures mortelles ou graves soient causées par des navires d’une longueur d’au moins 80 m et par des navires se déplaçant à au moins 14 nœuds (environ 25 km/h). Mais des navires de toutes tailles et de tous types peuvent frapper les baleines et leur infliger des blessures plus ou moins importantes.

Dans le Saint-Laurent, les données sur les collisions entre les cétacés et les navires sont éparses. Parmi 18 cas de collisions rapportés dans la région du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent entre 1992 et 2005, il y a eu au moins une mortalité. Des 175 carcasses de bélugas récupérées sur les rives du Saint-Laurent depuis 1982, 11 mortalités étaient attribuables à une collision. L’analyse de la banque de photo-identification des rorquals bleus du Saint-Laurent par le MICS révèle qu’environ 10 % des individus portent des marques de collision avec un navire.

Les collisions entre les navires et les cétacés peuvent être très préoccupantes pour les petites populations de cétacés. Elles menacent actuellement la survie des baleines noires de l’Atlantique Nord. En effet, 38 % des mortalités survenues entre 1986 et 2005 chez cette espèce sont attribuables à une collision avec un navire. Puisque cette population ne compte que 300 individus, les collisions constituent un obstacle majeur à son rétablissement. Les collisions ont probablement un effet négligeable sur les espèces de cétacés qui sont abondantes, telles que le rorqual à bosse et le rorqual commun, mais elles peuvent être une source de préoccupation pour certaines populations où la fréquence des collisions est élevée. Par exemple, en Méditerranée, où le trafic maritime est intense, 26 % des mortalités de rorquals communs entre 1986 et 1998 étaient attribuables à une collision avec un navire. Puisque cette population est de petite taille et qu’elle ne se reproduit pas avec les autres populations de l’Atlantique, ce taux de collisions est préoccupant.


Des pistes de solution : Que peut-on faire pour réduire ces mortalités? Il semble que la plupart des cétacés frappés par des bateaux ne sont pas vus avant la collision ou ne sont aperçus qu’au dernier moment. Les stratégies d’évitement peuvent donc s’avérer inefficaces pour les grands navires, qui sont peu manœuvrables. Dans les habitats intensivement utilisés par les cétacés, la limitation du passage des navires ou la réduction de leur vitesse, par exemple à moins de 14 nœuds, sont peut-être des mesures plus facilement envisageables.

Par exemple, une voie maritime qui traversait un habitat critique de la baleine noire dans la baie de Fundy, au Canada, a été déplacée en 2003. En déplaçant la voie navigable de six kilomètres vers l’est, les chercheurs estiment que les risques de collision ont été réduits de 95 %. Seulement 1,5 % des animaux ont été aperçus dans la nouvelle voie en 2004, comparativement à 30 % dans l’ancienne voie.

Du côté des États-Unis, on envisage aussi de modifier certaines voies navigables de la côte Est. Parallèlement, un système de survols aériens permettant de repérer les baleines noires et de communiquer leurs positions aux navigateurs a été mis en place. Mais cette technologie ne permettrait de repérer qu'une baleine noire sur quatre; qui plus est, elle est limitée par la météo et est risquée pour les observateurs. Un système d’écoute, développé par Christopher Clark de Cornell University, pourrait s’avérer plus efficace. Ce réseau d'hydrophones permettrait de détecter 75 % des baleines noires, peu importe les conditions, 24 heures sur 24. Une partie intégrante de la solution consiste à négocier avec l'industrie du transport maritime et l'industrie de la pêche pour s'assurer que les bateaux utiliseront les informations transmises afin de ralentir ou modifier leur course.

Le trafic maritime n’est pas près de diminuer, au contraire. Ce développement se fera-t-il au détriment des baleines? Les mesures testées aujourd’hui pour répondre à l’urgence du déclin de la baleine noire de l’Atlantique Nord serviront peut-être de modèle pour limiter les conséquences sur les autres populations de grands mammifères marins.

Par exemple, dans le Saint-Laurent, considéré comme l’une des principales portes d’entrée du continent nord-américain, les cas rapportés au Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins montrent que le problème des collisions avec les navires est peut-être plus criant qu’on ne le croyait auparavant. Serait-il possible de déterminer où les rorquals se concentrent dans le golfe et l’estuaire et envisager des voies de contournement? Il s’agit d’un travail colossal, qui deviendra peut-être nécessaire.




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